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Li Chevalier (Shi Lan) nous présente du 26 au 31 mai au Today's Art Museum  sa dernière collection de tableaux qui résonne profondément,  comme destinée à devenir emblématique de”Croisements”.

Quel parcours en effet, pour cette artiste franco-chinoise, de son Pékin natal, à Paris où “ Sorbonnade” en philosophie elle peint dans le quartier du Marais, en face du Musée Picasso, puis à Londres où elle devient diplomée de l'avant gardiste Central Saint Matins College of Arts;  toute son oeuvre est imprégnée de ce croisement des regards, croisement des esprits, croisement des matières, mix media, qui redonnent à la millénaire technique de l'encre chinoise  une dimension contemporaine.

Alors que la Chine s'ouvrait au monde, Li Chevalier  était à Paris et s'immergeait dans l'art et la philosophie occidentale, y attendant patiemment  que cet afflux d'images et d'écrits, cette vague de sensations se calme et que resurgisse la singularité orientale ragaillardie, régénérée, par ce dialogue novateur.

Après sa consécration à la Royal Academy of Arts de Londres et au Grand Palais à Paris, c'est  au Today's Art Museum,  haut lieu de l'art contemporain de la capitale chinoise, que Li nous convie à la rejoindre dans sa recherche obstinée d'une esthétique absolue.  “Insoutenable  pureté de l'art”, ses toiles au vide crépusculaire et   aux couleurs évanescentes, à la lumière fugitiv Loin de l'art souvent engagé et du discours connoté qui règnent parmi ceux de sa génération, Li Chevalier tend par ses oeuvres à s'échapper des contingences et pesanteurs de la vie moderne pour nous entrainer vers ces sommets auxquels seuls, par le passé, quelques ermites avaient le luxe et le pouvoir d'accéder. Face aux épreuves et aux angoisses existentielles, elle redéfinit les contours d'une esthétique orientale espérant offrir ainsi au visiteur un espace où naitra  une expérience  singulière et rare, où, l'espace d'un instant, il peut se laisser aller à la contemplation d' horizons épurés et harmonieux même dans leur sourde désespérance aux accents schopenhaueriens.

Dans sa quête de l'harmonie plastique, Li Chevalier se donne toute à l'encre, ce langage à qui l'Orient a donné ses lettres de noblesse mais ce dans le cadre d'une modernité apaisée. Par un usage inventif des techniques de mix media sur toile, une avancée notable sur la pratique classique de l'encre sur papier, elle transcende les frontières et promet une vraie renaissance plastique à un style confiné à la tradition.

e ou blafarde,  évocatrices de songes ambigus, solitude suave ou ravissement fugace,  dangers cachés et charmes impromptus , nous enchantent ou nous désespèrent tout comme la vie, captive dans la sphère  d'une éternelle illusion.